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Anis Gras Arcueil Journées Européennes du Patrimoine 2012

Anis Gras

55 avenue Laplace

Arcueil Val de Marne (94)

Journées Européennes du Patrimoine 2012

La fabrique Anis Gras est une institution à Arcueil.

Anis Gras, de la production de médicaments à la friche culturelle

*La Vache Noire** s’étend de plus en plus, et entoure la vieille fabrique Anis Gras.

Anis Gras, aujourd’hui espace pluri culturel, est une ancienne et remarquable manufacture en pierres et briques avec toitures à cheminées, à rapprocher des constructions type pavillon Baltard de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle déploie une belle façade le long de l’avenue Laplace, à quelques pas de la place de la Vache Noire.

A cet emplacement, juste à côté de sa maison, Emile Raspail installe en 1856 une fabrique de droguerie, où sont produites les médications à base de camphre élaborées par son père François-Vincent Raspail.

 Le recherches de François Vincent Raspails le conduisirent à la découverte des microbes. et l’exposèrent aux persécutions de l’intelligentsia scientifique. Cette découverte ne fut reconnue que quarante ans plus tard.

Il a élaboré la recette d’un fameux élixir. Dans ses deux ouvrages, Histoire naturelle de la santé et de la maladie, suivie d’un Manuel annuaire de la santé en 1845, Raspail expose sa théorie parasitaire (il évoque souvent des “helminthes” comme responsables des maladies) qui anticipe de manière remarquée la théorie microbienne. Médecin des pauvres, il sera l’un des premiers propagateurs de l’hygiène et de l’antisepsie dans les classes populaires. Il préconise l’usage systématique du camphre sous différentes formes. Tout ceci lui vaut l’hostilité des milieux officiels et, en 1846, une nouvelle condamnation par la Faculté.

La renommée de la liqueur hygiénique de dessert qui y est mise au point est à l’époque considérable.

A la mort d’Emile Raspail, ses frères, Benjamin, puis Xavier, et enfin son petit-fils, Julien, docteur en médecine, reprennent l’affaire pour un temps. A partir de 1930, ce sont les établissements Bois, fabricant notamment de la “liqueur Raspail”, qui occupent les locaux. Puis les établissements Anis Gras s’y installent et cèderont la place à une entreprise de brochures. De la société productrice d’anis, subsiste la marque publicitaire en façade.

L’anisette Gras

C’est en 1872 à Alger que les Frères Gras décidèrent de fabriquer et de vendre l’anisette que l’on élaborait depuis des générations dans leur famille.

Originaires d’Espagne où leurs parents commercialisaient les épices, les Frères Gras élaborèrent cet apéritif à base d’essence de badiane. Très vite l’Anisette Gras connut les faveurs des consommateurs à Oran, à Alger, puis bientôt des deux côtés de la Méditerranée. Faisant partie dès le début du siècle du folklore et de la joie de vivre des français d’Algérie, l’Anisette Gras conquiert le “tout-Paris”, Toulouse-Lautrec fait même pour elle des infidélités à sa légendaire absinthe.

En 1938, la possibilité de porter la teneur en alcool à 45° garantit une meilleure stabilisation de l’essence d’anis.

La bouteille carrée de l’Anisette Gras, son étiquette blanche et bleue constellée de médailles dorée qu’elle a glané au cours des expositions, ont traversé les années inchangées et connues de tous.

En 1950, Mr Pascal Gras a créé une agence à la Halle aux Vins, et en 1962, à la suite des évènements d’Algérie, la société mère d’Alger a absorbé sa filiale de métropole et transféré ses installations à Arcueil.

Goût et parfum
L’Anisette Gras est un apéritif à base d’alcool titrant 45°. Sa préparation à partir d’anis, et d’anis seulement, lui donne son goût subtil et son parfum, si apprécié des amateurs.
L’anis étoilé est le fruit de la badiane, ou “illicium anistum”, plante à fleurs très aromatiques qui provient de Chine et du Nord Vietnam. Les semences doivent être récoltées à complète maturité, lorsque la plante commence à se dessécher légèrement.

Après séchage, on frappe les semences avec une baguette pour détacher les graines, qui sont distillées et donnent l’essence d’anis.
Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, les vertus médicales de l’anis ont été connues et reconnues. C’est ainsi qu’en Assyrie et en Babylonie, les tablettes à signes cunéiformes de Gilgamesh préconisent une recette à l’anis, potion souveraine contre la peste. Selon Pline l’Ancien, “l’anis fait dormir et garde jeunesse au visage”. Enfin, les Chinois et les Hindous l’estimaient propre à neutraliser les morsures de serpents.

On pense que peu à peu les vertus gustatives de l’anis valant largement ses vertus médicinales, la gastronomie s’est jointe à la médecine et a fait le succès de la liqueur d’anis.

Aujourd’hui, à part les murs, plus rien ne subsiste de la fabrique. Les lieux sont désormais investis par des artistes : théâtre, cinéma, spectacles y sont donnés. L’ancienne orangerie sert pour des expositions.
Un temps menacée par l’extension de la Vache noire, le site est fort heureusement sauvé, ainsi que le patrimoine bâti.
Souvent, ces anciens sites industriels, menacés de devenir des friches, ont trouvé une excellente reconversion. Il accueillent des ateliers d’artistes qui profitent des lieux pour exprimer toute leur créativité dans des lieux rachetés par les communes. Avant que les frères Gras s’installent dans ces locaux, Emile Raspail y avait fabriqué  sa liqueur digestive”.

Les Raspail, une famille illustre

La famille Raspail est indissociable de l’histoire de la ville d’Arcueil.  Le père, François-Vincent Raspail, a laissé son nom au boulevard parisien. Au milieu du 19e siècle, c’est un Républicain célèbre ; député, il est notamment le candidat socialiste lors de la présidentielle de 1848, qu’il perd très largement contre Louis Napoléon Bonaparte.

Son fils Benjamin a également été élu député à plusieurs reprises. Il a vécu à Cachan à partir de 1863, dans la grande demeure située à l’intérieur du parc. Il a fait un leg considérable au département de la Seine, permettant la création du parc et d’un hospice.

Emile Raspail, pour sa part, est avant tout un homme d’affaire. Il est né le 7 mai 1831 à Paris, il était ingénieur des Arts et Manufactures. Il fonde à Arcueil la distillerie bien connue sous le nom d’Anis Gras.

Conseiller municipal à partir de 1870, il est élu maire en 1878 et le demeure jusqu’à sa mort, en 1887. Son mandat marque profondément la ville, en particulier par l’importance de ses réalisations, qu’Emile finance parfois sur ses fonds personnels.

La mandature Raspail
« En neuf ans, Raspail fait installer un marché à côté de l’Eglise (place de la République, sur l’emplacement du cimetière primitif d’Arcueil), crée des égouts, un nouveau cimetière rue du Moulin de la Roche (le cimetière que nous appelons aujourd’hui « ancien », rue de la division Leclerc), fait remblayer un bras mort de la Bièvre situé près de la rue de Lardenay. Il finance lui-même pour 20 000 francs un « asile laïque du premier âge » situé à l’emplacement actuel de la cité HLM Raspail.

Il s’agit bien de la première crèche d’Arcueil, à deux pas de l’actuelle crèche Berthollet, mais Emile Raspail refuse ce terme auquel il trouve une connotation religieuse trop prononcée. En 1880, il fait installer le bureau de Poste décentralisé et la Caisse d’Epargne au 19, Grande rue, dans le bâtiment où se trouve déjà depuis 1875 le télégraphe). »
Il a également construit des écoles maternelles, fait agrandir des écoles élémentaires, installé un musée dans une partie de l’école Laplace (largement désaffectée depuis que le quartier d’Arcueil situé de l’autre côté de la N20 a été transféré à Montrouge en 1875), instauré l’école à mi-temps pour les travailleurs mineurs.

En 1886 est inaugurée près de l’Eglise la plus connue de ses réalisations ; la nouvelle mairie dessinée en 1883 par l’architecte Ulysse Gravigny. Emile Raspail a apporté à la ville des changements considérables pour l’époque, dont ceux liés à l’activité de sa distillerie. Il a fait construire sa maison à côté de sa distillerie Anis Gras.

Anis Gras
Dans les années 1840, François Vincent Raspail, qui était biologiste et « médecin des pauvres », avait élaboré une liqueur curative à base de camphre.  Son fils Emile fonde en 1858 une société pour exploiter cette « liqueur digestive ». Au départ l’usine est installée à Paris, rue tu Temple. Emile la transfère à Arcueil, à côté de sa nouvelle maison.

L’usine d’Arcueil occupe au départ 1920 m².  « Il est possible que ces bâtiments aient été conçus par Ulysse Gravigny, l’architecte qui dessinera en 1883 les plans de la mairie (aujourd’hui centre culturel Erik Satie). La date exacte de construction de l’usine est débattue, mais le pavillon d’entrée et l’orangerie seraient d’une vingtaine d’années plus anciens que le reste ».

La famille Raspail poursuit l’activité d’Emile à sa mort en 1887. L’état des communes à la fin du XIXe siècle  relate qu’au début du 20e siècle, la fabrique emploie 60 ouvriers sur 4000 m².

Au milieu du 20e siècle, les établissements Evren Lucas Bols acquièrent les locaux où ils continuent à produire des liqueurs « hygiéniques ». En 1963, ce sont les frères Gras qui s’y installent et commercialisent l’anisette connue sous le nom d’Anis Gras.

La mairie rachète les bâtiments en 1981, alors que la production d’Anis Gras a cessé. Restaurée, la friche industrielle est depuis 2005 le « lieu de l’autre », un espace culturel ouvert au public et géré par une association».

Sources : http://www.arcueilhistoire.fr/

sources : sur site

 

31 commentaires pour “Anis Gras Arcueil Journées Européennes du Patrimoine 2012”

  1. bonjour me voila de retour du retard dans mes visites , toujours aussi intéressant merci pour l’explication bon article sur ces bâtiments , l’anisette des glaçons de l’eau et vive l’été !!!! bon pour l’année prochaine lol bisous A+

  2. Je connais bien ce coin, au début de notre mariage nous avons habiter à Bagneux, face au cimetière.
    Ah l’Anisette Gras j’en consomme toujours avec beaucoup de plaisir… ainsi que celle de la marque Cristal.
    Magnifique reportage sur cet ancien établissement !

  3. Bonsoir Francine , je crois que je vais te mettre une bonne note , hum que c’est bon l’anisette , mais il y a longtemps que je n’en ai bu..très bel ouvrage , bien commenté ;..passes une bonne soirée , bisous

  4. Bonjour Francine,
    J’espère que ton compagnon à quatre pattes s’en sortira.
    Ta série prouve qu’industrie et esthétique peuvent cohabiter. Encore faut-il le vouloir…
    Bon weekend,
    Frans

  5. On en trouve encore dans le commerce.
    Un alcool que j’aimais bien avec plein de glaçons !
    Oh que c’est vieux ces souvenirs ! Hihihi
    Bises et bonne journée à toi Francine

  6. heuuuu !!! je dois avoir la berlue … je croyais que tu parlais de “cité U” ???? en tout ca,s super intérexssant cet article … j’ignorais l’origine de l’anisette que bien sur je connaissais … sans en aimer le goût !!! snifff!
    Par contre, surprenant peut-être mais j’aime bien l’odeur du Camphre …. petite, j’étais faiblarde des poumons et maman me frictionnait avec du camphre en hiver … depuis cette odeur évoque pour moi la chaleur au milieu des froidures !!! hihihihihihi
    vilain TITI quand même !!! elle était pas à son gout la toiletteuse ???
    enfin ton chargeur … ben, tu dois dire ouf !!!
    bisous et bonne fin de soirée

  7. le style du bâtiment me rappelle beaucoup l’ancien hôpital Bellevue de Saint-Etienne.
    En espérant que tu passes un bon weekend, je passe te faire un petit coucou du samedi

  8. très très intéressant ton sujet du jour .. j’en sais beaucoup plus sur cet anis que j’ai bu , il y en avait chez moi, on le préférait aux autres anis jaunes …
    cette fabrique méritait d’être bien conservée et c’est chose faite

  9. ah quelle jolie batisse en effet
    j espére que cela sentait l anis en passant loll
    bon week end pour toi
    et papattes à Félix le chat
    bises

  10. je ne connaissais pas
    je passe te souhaiter un bon week-end
    il pleut en bourgogne;nous sommes maintenant en automne
    je pense reprendre mon blog fin de semaine prochaine
    bisous

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